C'est quoi le mauvais goût ?


Bienvenue dans l'édition #2 de Singulière ! La newsletter qui vous aide à construire l'identité visuelle de votre marque Food & Beverage
et aujourd'hui je vous parle du mauvais goût. ( et c'est tout )

🍒 Réflexion de DA

Et si votre identité visuelle était de mauvais goût ?

Il y a 10 ans, je pensais qu’on développait notre « bon goût » en école d'art, et que sans connaissance en graphisme, on avait "mauvais goût". Entre temps, je suis sortie de l'entre-soi créatif. (ouf !)

J'ai rencontré des personnes avec un regard aiguisé pour le beau, sans être créa de métier & à l'inverse des DA dont les choix graphiques me laissent perplexe…

D’où ma réflexion du jour : le mauvais goût existe-t-il vraiment ?
Et surtout, d’où vient cette idée ?

Le goût n’a jamais été neutre

Le bon goût et le mauvais goût sont des concepts anciens qui apparaissent au XVIe siècle d’abord dans le domaine culinaire ; ils évoluent ensuite pour s’appliquer à la littérature, puis aux arts, au cours du XVIIᵉ siècle.

Le bon goût devient un instrument de distinction. il renforce la norme en s’appuyant sur les préférences et les références culturelles d’une classe dominante et disqualifie les créations qui en sortent.

Le mauvais goût est à l’inverse, un jugement porté sur une création qui provoque chez nous un malaise ou un rejet, parce qu’elle s’éloigne de nos codes visuels habituels.

Les deux sont subjectifs mais surtout socialement construits. ils sont des raccourcis, qui nous empêchent d’analyser une composition graphique et de comprendre pourquoi elle résonne de cette manière chez nous.

C’est quoi le mauvais goût selon moi ?

Le mauvais goût, c’est cette zone maudite du graphisme ou s’entrecroisent plusieurs catastrophes visuelles. (je vous fais un schéma)

Pour moi, le mauvais goût se situe à la croisée de quatre choses :

1. Le mal-fait
C’est le plus courant, et le plus dangereux pour votre marque : Une composition bancale, des images pixelisées, une mauvaise lisibilité. Le mal fait donne une impression d’inachevé, d’amateurisme, il fragilise la confiance de la personne qui vous lit.

2. Le non-respect des règles
Le graphisme est une discipline qui obéit à des règles : théorie de la couleur, typographie, ergonomie, composition etc. Aller volontairement à contre-courant permet d’innover et de créer des designs disruptifs (je pense à l’esthétique des fanzines punk par exemple) mais encore faut-il que ce soit intentionnel.

3. Le too much
Trop de couleurs, trop de formes, trop de textures, trop d’effets. Quand c’est maîtrisé, on parle de maximalisme. Quand ce ne l’est pas, on perd toute lisibilité et toute hiérarchie. Un grand principe du design reste less is more. Et vouloir tout dire, tout montrer, tout mettre… est souvent la meilleure façon de perdre son message.

4. le ringard
C'est le décalage avec les codes visuels du moment, qui donne l’impression qu’un design est « daté ». Là encore, ça peut être un choix assumé d’évoquer une atmosphère vintage, mais sans intention derrière, il affaiblit la perception globale du projet. Par exemple en typographie : les caractères tendances prennent très vite un coup de vieux.

Vous voulez revoir votre identité visuelle en 2026 ?

Discutons de votre projet
en visio.


«
C'est à la marge que naît l'innovation »

Réunis, ces 4 éléments tirent votre identité visuelle vers le bas.
Mais séparément, ils deviennent de formidables leviers créatifs. (et oui même le mal-fait, je vous assure !)

Je l’ai vécu moi-même.

Quand je m'occupais de la direction artistique des restaurants Street Bangkok, un confrère trouvait mon design « criard » et de « mauvais goût ». Pourtant, j’étais sûre de mes choix car je traduisais la vision du fondateur : jouer avec le too much, correspondait à l’univers que l’on voulait pour la marque (et d'ailleurs, la nouvelle identité visuelle avait fait un carton.)


Conclusion

Plutôt que d’accorder trop d’importance au bon goût ou mauvais goût,
Posez-vous ces trois questions pour guider votre création :

  • Quel est l’objectif de ma marque (et de mon design) ?
  • À qui s’adresse-t-il ?
  • Qu’essaie-t-on de provoquer, de raconter, de défendre ?

C’est le chemin le plus court pour une identité visuelle efficace, cohérente et aligné avec votre vision de fondateur·trice.

🍒 Pour finir, un petit jeu

Mal-fait, Refus des règles, Too much, et Ringard. Saurez-vous associer ces 4 packaging food aux registres qu'ils exploitent ?

Références : Lykke Coffee - MAEVE Chocolate - La Quibronnaise
Matter Of & Weingut Heinrich – naked Wines

packaging de café Lykke coffee
packaging chocolat illustrés de la marque maeve chocolate
identité visuelle de la quibronnaise sardines françaises
wine label design Matter Of & Weingut Heinrich

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